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11 août 2026

FESTIVAL DON BOSCO A NIAMANA, BAMAKO

Le samedi 11 juillet dernier, la jeunesse de la Communauté chrétienne de Niamana, Paroisse Sainte Monique de Badalabougou, diocèse de Bamako/Mali, a vibré au rythme de la joie salésienne ! Sous le thème « Force du passé, foi de l’avenir ».

Ce fut à défaut de la possibilité du dernier week-end MSJ, suspendu suite aux récents évènement d’insécurité, que fut organisé cette soirée culturelle pour la jeunesse. Le Festival a consisté en deux temps : d’abord l’oratorio sous l’arbre à palabre avec le griot qui, au rythme de la Cora, a fait écho de la figure de Don Bosco, mettant en relief le sens de l’oratorio fusionné avec la tradition malienne sous la symbolique de l’arbre à palabre.

La deuxième partie de la soirée est consacrée à la caravane des Contrée : divers prestations et concours de chant à Don Bosco.

En fin des comptes nous nous sommes rassemblés pour célébrer notre histoire, fortifier notre foi et regarder ensemble vers demain avec espérance.

Aux des jeunes eux-mêmes, ce festival a été une explosion de talents, une opportunité de prière, de partages et de sourires, exactement comme Saint Jean Bosco aimait voir ses jeunes : debout, joyeux et engagés ! « Le festival Don Bosco devient une tradition pour la jeunesse de Niamana à la fin de chaque année pastorale » ; a déclaré le bureau de la jeunesse et l’équipe organisateur.

Sr Viviane Wela Mazalo, FMA

Responsable de la Pastorale locale

LA VOIX DU GRIOT SOUS L’ARBRE A PALABRE

Sur fond de la kora

Honneur à vous, enfants du Mali !

Honneur à cette jeunesse vibrante, réunie aujourd’hui sous l’ombre bienveillante de notre arbre à palabre. Ce que vous voyez ici n’est pas un simple décor. Cet arbre n’est pas un simple bois. Il est le gardien de nos mémoires, le témoin de nos résiliences et le refuge de nos espoirs.

Aujourd’hui, nos pas croisent les pas d’un géant. Un homme venu d’ailleurs, mais dont le cœur battait exactement au même rythme que le nôtre. Un père, un maître, un ami : Saint Jean Bosco.

Le thème de notre festival résonne comme un tambour dans la nuit : ‘‘Force du passé, foi pour l’avenir : la jeunesse malienne sur les pas de Don Bosco’’.

Le Mali sait ce que signifie tenir bon. Notre passé nous a légué le Maya, cette humanité pure, et le Badenya, cette fraternité qui refuse de voir son frère tomber. C’est cette force-là, notre résilience malienne, qui s’apprête à dialoguer avec l’esprit salésien.

Tout a commencé par un rêve. Un rêve mystérieux, reçu à l’âge de 9 ans, où des loups féroces sont devenus des agneaux par la seule force de la douceur.

Ce soir, notre passé rencontre ce rêve. Ce soir, la résilience de Niamana, s’unit à la foi de Don Bosco pour tracer les chemins de l’avenir.

Écoutez… Écoutez le bois de l’arbre qui vous parle. Écoutez la kora qui s’éveille. Laissez-vous transporter. L’Oratorio commence ! »

Transportons nos esprits en Italie, dans un petit hameau nommé chez les Becchi. C’est là que vivait le petit Jean, un enfant de chez nous, un enfant de la campagne. Il n’avait que 9 ans. Neuf ans, l’âge où l’on commence à comprendre le monde.

Une nuit, alors qu’il dormait profondément, un rêve étrange est venu frapper à la porte de son âme. Dans ce rêve, Jean se trouve dans une immense cour. Autour de lui, ce n’est pas le calme du village.

Non ! C’est le tumulte.

Des dizaines et des dizaines d’enfants sont là. Mais écoutez bien…

Ils ne jouent pas. Ils se disputent ! Ils crient ! Certains jurent et blasphèment !

La colère et la violence ont envahi la cour.

En voyant cela, le petit Jean perd patience. Son sang ne fait qu’un tour. Pour faire régner l’ordre, il s’élance. Il lève les poings !  Il commence à frapper pour imposer le silence par la force !

Soudain, un homme majestueux, habillé de lumière, apparaît et lui crie : « Non ! Pas avec des coups, mais avec la douceur tu devras gagner leur amitié ! »

À ce moment précis, ouvrez bien vos yeux spirituels !

Les enfants en colère disparaissent. À leur place, la cour se remplit d’animaux féroces : des loups, des ours, des chiens sauvages qui hurlent et montrent les crocs !

C’est le fadenya (la rivalité destructrice) à l’état pur. Une violence qui fait peur, celle-là même qui détruit parfois nos communautés.

Le petit Jean est terrifié, il veut fuir. Mais l’Homme de lumière lui dit : « Voici ton champ de travail. Rends-toi humble, fort et robuste ».

Alors, une Dame resplendissante comme le soleil de midi s’avance. Elle pose sa main protectrice sur la tête de Jean. Et là, sous les yeux ébahis du garçon… le miracle de la résilience s’accomplit.

Les loups féroces cessent de hurler. Leurs crocs acérés rentrent. Leurs poils hérissés s’adoucissent. Un à un, sous l’effet de cette présence pleine d’affection, les loups se transforment… en agneaux dociles et joueurs ! La violence a été vaincue par le Sabali (la patience) et le Kanuya (l’amour). »

Et tout à coup, un bruit le réveilla. Le petit Jean saute de son lit et sorti de la chambre.

EN QUOI CE RÊVE DE JEAN BOSCO REGARDE NOTRE JEUNESSE ?

Restez attentifs, car l’histoire quitte l’Italie pour s’installer ici même, au milieu de nous.

Les Loups d’Aujourd’hui ressemble aux défis de la Jeunesse Malienne

Le petit Jean est devenu grand. Il est devenu Don Bosco, le Père de la jeunesse. Mais aujourd’hui, en 2026, si Don Bosco marchait dans notre village ; que verrait-il ?

Il verrait que les loups féroces du rêve n’ont pas disparu. Ils ont seulement changé de visage. Ces loups modernes s’appellent

  • Le chômage qui ronge l’esprit des diplômés.
  • Ils s’appellent la tentation de l’exil clandestin, cette route dangereuse du désert et de la mer qui avale nos forces vives.
  • Ils s’appellent le découragement, l’insécurité et la division.
  • Quand un jeune perd espoir, quand il cède à la colère ou au gain facile, c’est le loup qui hurle en lui ! C’est le fadenya (la rivalité) qui cherche à détruire notre tissu social.

Mais regardez-vous ! Êtes-vous des victimes ?   Non !

Don Bosco nous enseigne la force de la résilience.

Face à ces défis, la jeunesse malienne ne baisse pas les bras. Elle puise dans sa culture la force de résister.

Là où le loup apporte la division, le jeune Malien oppose le Maya (l’humanitude) et le Badenya (la fraternité).

Là où le loup sème le désespoir, le jeune Salésien apporte le Sabali (la patience active) et sa foi inébranlable en l’avenir.

Le Système Préventif de Don Bosco — la Raison, la Religion, et l’Affection — trouve son écho parfait dans nos valeurs ancestrales. C’est par l’éducation, le travail honnête et la joie de vivre ensemble que nous transformons, nous aussi, les situations les plus sombres en chemins d’espérance.

Jeunesse du Mali, debout ! Vous êtes la force du passé et la foi pour l’avenir. Sur les pas de Don Bosco, c’est à vous de transformer les loups d’aujourd’hui en agneaux de paix !

Jeunes de la Mouvance Salésienne, notre festival commence maintenant. Que chaque rencontre, que chaque jeu, que chaque prière durant cette soirée ; soit une pierre pour bâtir un Mali plus fort. Soyez les dignes héritiers des anciens qui vous ont légué le respect, et les disciples fidèles du Père de la jeunesse.

Mali fanga té ban ! (La force du Mali ne finira jamais !)

Don Bosco fanga té ban ! (La force de Don Bosco ne finira jamais !)

Bon festival et bon divertissement à tous !

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